FRANCOPHONISSIMO 2003

 

 

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE

20 MARS 2003

 

Lycée GEORGES  POMPIDOU de CASTELNAU LE LEZ

 

Programme

 

11h : Accueil des participants par le Proviseur, Henri MATTEI

 

11h30 : Protocole :  intervention des Officiels présents

 

12h : Apéritif offert par le lycée

 

12h 30 : Démarrage de le « Fontaine de Poésies » par les élèves du lycée

 

13h30 : « LA RONDE DES ENFANTS » Chants des élèves de l’Ecole de JACOU

 Chants des élèves de Castelnau le Lez

 

14h : Làcher de ballon « Bulles poétiques »par les élèves du primaire

 

 

14h 15  à 17h : Table ronde-débats organisée par AD@lY

 

FRANCOPHONIE : BILAN ET PERSPECTIVES

 

FRANCOPHONIE ET «ENVIE D’AGIR »

 

FRANCOPHONIE ET PAIX

 

FRANCOPHONIE : EGAUX DIFFERENTS UNIS

 

FRANCOPHONIE ET MULTICULTURALISME

 



AD@lY a le plaisir de partager le beau poème à l’hommage de la langue française de la plume de Christian JEANJEAN, Maire de PALAVAS LES FLOTS qui nous a réservé un accueil chaleureux le 23 mars 2003 à la soirée de clôture de FRANCOPHONISSIMO 2003

FRANÇAIS, LANGUE DE MES ANCETRES (2002)

Le français, cette langue sublime

Dont le parler est éloquent

Avec son accent et ses rythmes

Rend nos propos doux et charmants

Français, construit par nos ancêtres,

Grâce à toi j’ai pu m’exprimer,

Avec tes mots, avec tes lettres

Mes pensées ont été mimées

Déjà bien petit sans âge

Fœtus inscrit dans le temps,

Je m’imbibais de ce langage

Qui s’exhalait de mes parents

Ayant appris de la grammaire

Les règles de nos écrivains

Ma plume a pu enfin s’extraire

De son encrier plein de levain

J’aime mon pays la France

L’histoire de tous nos aînés

Je porte en moi la souvenance

De millier de millier d’années

Sur le papier les mots s’alignent

Sujets, verbes et compléments

La page blanche s’illumine

Comme un message au firmament

S’il doit rester une écriture

De mon passage en ce lieu

Qu’il soit dit sur ma sépulture

« Français », tu m’as rendu heureux !

Christian JEANJEAN


CONTRIBUTION DE MAD 'ACCUEIL

D’après les dictionnaires, la « francophonie » est l’ensemble des pays de langue française, ou encore la collectivité que forment les peuples parlant français. La deuxième définition implique une certaine solidarité, dont un des maillons est la langue,

La langue est un moyen de communication entre deux personnes, ou entre deux groupes de personnes à l’intérieur d’une famille, au niveau d’une commune, d’une région, d’un pays, d’un continent, ou même au niveau mondial. Encore faut-il préciser qu’il s’agit de transmettre une information, ou de permettre un dialogue, une concertation, un débat, une discussion, ou même une contestation.

Dans la plupart des pays sous-développés, la maîtrise d’au moins une langue en plus de la langue maternelle, est donc fondamentale pour pouvoir acquérir les notions essentielles dans les domaines scientifique, technique et économique, notions nécessaires pour réussir sa vie professionnelle au niveau individuel, et pour s’intégrer dans l’activité économique au niveau d’une collectivité. Il s’agit des langues qui en plus, ont un rayonnement mondial, elles ne sont pas nombreuses ; on cite généralement : l’anglais, le français, et l’espagnol. En effet d’autres langues comme l’allemand, le russe, le portugais, et l’italien n’ont rien à envier aux trois langues précédentes, dans les domaines que j’ai citées (scientifique, économique et technique) .

Mais en dehors de la vie professionnelle, et du développement économique, la langue joue un rôle non négligeable pour faire régner la cohésion au sein d’un groupe, et permettre l’épanouissement de ses membres.

Encore faut-il préciser aussi que cette communication se fait par voie orale ou écrite. Un bon orateur peut convaincre facilement son auditoire, et un écrivain doué obtient sans difficulté l’adhésion de ses lecteurs.

Quand on parle d’un écrivain en général, il faut considérer :

-la langue dans laquelle il s’exprime

-le milieu dont il est issu, et le contexte dans lequel il vit.

Concrètement un écrivain belge et un écrivain québecquois parlent la même langue, mais verront l’univers qui les entoure sous deux éclairages différents : d’où l’importance de la culture, dont la langue n’est qu’une des composantes. Par exemple un poème, une mélodie, une chanson, une fois lâchés dans le monde, et véhiculés par la voix, l’écriture, ou les instruments de musique, sont appelés à vivre, à grandir, à traverser les frontières et les océans, sinon c’est l’oubli et la mort : voilà le test de l’universalité. La notion d’élitisme ne doit pas effleurer un poète ou un compositeur, même s’ils se sentent souvent incompris :

Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse

S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensées, comme des alouettes,

Vers les cieux le matin prennent un libre essor,

Qui plane sur la vie, et comprend sans effort

Le langage des fleurs et des choses muettes

Je cite volontairement Baudelaire qui a exercé une certaine influence sur les poètes malgaches, dont le plus connu tout au moins à Madagascar est RABEARIVELO, à qui ont doit les vers suivants quand il se définit lui-même en temps que poète:

puis tu prends lentement la forme d’un fût

sur ce mur bas que franchissent les songes des fleurs

et le parfum de l’été en relâche


Il est difficile de parler de la culture malgache, en passant sous silence l’influence de la culture anglo-saxonne et celle de la culture française. Le cadre des échanges entre pays francophones est donc une bonne chose pour notre causerie. La prise de conscience par les dirigeants des pays francophones des problèmes posés par la mondialisation , a donné de l’importance à la notion de francophonie. Dans quelle mesure cette mondialisation ne risque-t-elle pas de fissurer le ciment qui lie les pays francophones ?

L’impérialisme culturel des Anglo-Saxon a d’ailleurs été un peu exagéré : n’oublions pas que pendant la période de la colonisation, la politique française mettait en avant l’assimilation, alors que celle des anglais s’appuyait sur la ségrégation . Bien sûr il faut introduire des nuances : l’Afrique du Sud n’était pas les Indes, et le Maroc n’était pas le Congo.

D’après le Dictionnaire Larousse : « La culture est l’ensemble des structures sociales et des manifestations artistiques, religieuses et intellectuelles qui définissent un groupe, une société par rapport à un autre ».

La culture est donc un des facteurs qui cimente une communauté humaine, c’est ce qu’on observe à Madagascar malgré l’existence de quelques variantes d’une province à l’autre. Ce phénomène a peut-être été favorisé par l’insularité. Madagascar est resté isolé pendant des siècles. Les échanges avec l’extérieur ont pris de l’importance à partir de la fin du 18ème siècle.

Une culture nationale peut être considérée comme une barrière contre l’introduction d’une culture étrangère. Les Malgaches n’ont pas adopté ce point de vue négatif, au moment de l’arrivée des missionnaires anglais, et même devant la politique d ‘assimilation prônée par Galliéni et ses successeurs. Je suis donc obligé de revenir en arrière pour que vous ayez une idée de la situation de Madagascar sur le plan historique, avant de parler de la place du français hier et aujourd’hui.

LES STRUCTURES SOCIALES.

Nous commencerons par les structures sociales . Dans toute l’île l’organisation sociale était bâtie sur le même modèle, avec des petites variantes. Je prends l’exemple des Merina où au départ il existait trois ordres pour reprendre un terme connu :

-l’ordre « andriana » qui regroupait les parents du souverain ; il disposait du pouvoir politique, mais avec en contre-partie des devoirs assez astreignants. S’il était collectivement « maître de la terre », il n’en était pas propriétaire tel que nous le concevons maintenant. D’ailleurs une procédure complexe éliminait périodiquement les « havan’ny Andriana », « parents éloignés du souverain », vers les ordres inférieurs

-l’ordre des « olon-mainty » « personnes humaines noires » occupait, jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Rainilaiarivony, la seconde place dans le protocole de l’Etat. On les appelait les « mainty enin-dreny » « les Noirs aux six mères », ils avaient en charge l’ordre public, et la gestion des finances du royaume.

Dans le vocabulaire colonial on les dénommait « esclaves royaux », ou « serfs royaux », alors qu’en fait ce sont des « hovas

-l’ordre des « olompotsy » « personne humaines blanches », abusivement dénommées hova, englobait tous les autres sujets du souverain. Les olompotsy avait la possibilité de thésauriser en accumulant argent, bijoux, et troupeaux, pendant que les andriana et les mainty se consacraient au service du souverain et de l’Etat. Les grandes fortunes au début de la colonisation n’appartenaient d’ailleurs pas aux nobles mais aux roturiers.

Les « andevo » ou esclaves n’appartenaient à aucun de ces ordres. En fait c’étaient des domestiques, qui aidaient leurs maîtres au logis ou aux champs, il n’existait pas de grandes plantations (canne à sucre ou coton) à l’époque. D’ailleurs ces esclaves faisaient partie du peuple «ambanilanitra ». Seuls les masombika, (de Mozambique), étaient considérés comme des étrangers. Après l’abolissement de l’esclavage en 1877, ils ont été intégrés dans l’ordre des olon-mainty.

Pour maintenir la cohésion sociale, tout le monde devait observer les mêmes lois ; à Madagascar elles ont été couchées par écrit sous le nom de « fehezandalana dimiventositelonjato » , code des 305 articles, publié sous le règne de RANAVALONA II en 1881. Ce code ne faisait pas la distinction entre code civil et code pénal.


CULTURE RELIGIEUSE

Les Souverains malgaches ne se prenaient pas pour des Dieux, ils ont été désignés par Dieu pour gouverner le Royaume. Je cite les R.P. DE VEYRIERE et DE MERTENS, qui ont écrit dans leur « livre de la sagesse malgache » :

-« les Malgaches croyaient à l’existence de Dieu : ils étaient monothéistes, malgré leur tendance à mêler beaucoup de superstitions à leur croyance en un Être Suprême ».

En malgache Dieu s’appelle soit ZANAHARY , le Dieu Créateur, soit ANDRIAMANITRA, le Dieu auquel on s’adresse plus facilement pour formuler ses remerciements ou ses suppliques, mais il s’agit du même Dieu. Il est souvent cité dans les proverbes dont je vous donne un exemple « au Dieu point de blâme, au Créateur point de reproche, car c’est aux hommes qu’appartiennent les fautes et les erreurs ».

Dieu est toujours présent dans la vie d’un malgache :

-ho tahin’Andriamanitra « que Dieu vous bénisse » dans une formule de salutation ou de souhait

-les personnes décédées sont qualifiées de lasan’Andriamanitra, « elles ont été enlevées par Dieu «

Tout ceci a facilité l’implantation du christianisme, qui a commencé au début du 19ème siècle avec l’arrivée des missionnaires anglais sous le règne de Radama 1er. La langue Malgache était auparavant écrite avec des caractères arabes (sorabe), mais le privilège de l’écriture était détenu par une caste de scribes. Les premiers missionnaires Anglais ont fait valoir l’intérêt d’introduire l’imprimerie en adoptant les caractères latins. Bien sûr leur objectif était de diffuser la Bible, mais le Roi en profitait pour améliorer le fonctionnement de son administration dans le but « d’étendre son royaume jusqu’à la mer » comme l’a recommandé son père Andrianampoinimerina. Grâce à la création d’écoles dont le fonctionnement était facilité par la mise à leur disposition d’ouvrages imprimés, avec comme corollaire la diffusion de la Bible, l’extension du christianisme fut rapide. Je dois signaler que le roi RADAMA 1er ne s’est pas converti au christianisme. Son épouse qui lui a succédé sous le nom de RANAVALONA 1ère, non seulement ne s’est pas convertie, mais a pris ombrage de l’extension trop rapide de cette religion, soupçonnant les missionnaires anglais de préparer une main-mise économique et politique de la Grande Ile. Ce soupçon a été renforcé par le conflit, bien sûr feutré, qui opposait les Missionnaires Français Catholiques, et les Missionnaires Anglais Protestants. De là est partie la persécution des chrétiens, moins cruelle que celle dont ont souffert les Camisards protestants du Languedoc à l’époque du Roi Soleil.

Actuellement on évalue le nombre de chrétiens, catholiques et protestants, entre 50% et 70% de la population de la Grande Ile. Pour mettre en place ce genre de décompte on met toujours en avant le culte des ancêtres comme une religion. Dans ce domaine il est indispensable d’aborder cette coutume qui intrigue toujours ceux qui ne connaissent pas Madagascar « le retournement des morts ».

A Madagascar les morts sont enveloppés dans un linceul en soie souvent rouge, avant d’être déposés sur une des dalles du caveau familial. Deux cas de figure peuvent se présenter :

1-la personne est décédée et enterrée loin du caveau familial.

2-à l’occasion d’un enterrement on a remarqué que le linceul est très abîmé, et les ossements risquent de se disperser

Dans le premier cas, dès que possible, le mort est transféré dans le caveau familial , mais avant de l’inhumer on l’enveloppe dans un linceul neuf.

Dans le 2ème cas on donne un nouveau linceul à l’ancêtre, et souvent on réunit dans le même linceul le mort et un ou plusieurs parents proches (époux, parents et enfants, etc ..).


En effet les âmes des défunts ont été enlevées par Dieu certes, mais il faut respecter leurs enveloppes charnelles, preuves matérielles de leur existence. Cette manifestation est d’ailleurs l’occasion idéale pour cimenter la cohésion familiale, surtout vis-à-vis des descendants qui n’ont pas connu ces « ancêtres ».

Ceci dit s’agit-il d’un culte des ancêtres ? En réalité on leur demande souvent d’intercéder auprès d’un Dieu qui semble très loin et même inaccessible. Dans la religion catholique on demande bien l’intercession des Saints et plus particulièrement de la Vierge Marie. Mais je n’entrerai pas dans ces querelles théologiques.

CULTURE ARTISTIQUE


Ile est inutile d’insister sur les activités dont font preuve les Malgaches dans les domaines de l’Art.

Côté peinture vous avez certainement apprécié les tableaux exposés dans cette salle. L’artisanat d’art jusqu’à maintenant est également un domaine où les Malgaches sont doués, par exemple en ce qui concerne la marqueterie, ou la broderie

Côté musical l’introduction par les Européens des notes pour la transcription des mélodies malgaches, a-t-elle beaucoup influencé la musique malgache ? Je dois avouer qu’il s’agit d’un domaine où je ne me sens pas très à l’aise, mais je peux dire que ces transcriptions n’ont pas présenter de difficultés. Les chants malgaches d’ailleurs semblent souvent mélodieuses aux oreilles des français comme la musique polynésienne ou sud-américaine. Une étude serait la bienvenue dans ce domaine, concernant la musique profane comme la musique religieuse.

Côté sculptural Madagascar n’a pas bénéficié de la renommée accordée dans ce domaine à l’Afrique Noire, bien que la sculpture sur bois ait été favorisée par la présence d’arbres que recèlent encore les forêts de l’Ile Rouge (ébène, palissandre).

Je me garderai bien d’oublier le domaine de la danse qui occupe une place de choix dans les manifestations réunissant les Malgaches, comme vous le verrez demain. Mais surtout je dois souligner l’importance des mpihira-gasy où l’on trouve à la fois des troubadours, et des musiciens accompagnant un corps de ballet.

CULTURE ARCHITECTURALE

L’architecture des maisons traditionnelles malgaches n’a rien de commun avec celle des maisons dites « coloniale »,et a modelé le paysage urbain. Bien sûr les influences étrangères sont perceptibles dans ce domaine : les temples, églises, et mosquées n’ont pas dépareillé dans le paysage urbain.

Actuellement avec les nouvelles mosquées financées par l’Arabie Saoudite ou les Chiites de la Péninsule Indienne, et les nouveaux lieux de culte des grandes sectes chrétiennes venues des Etats-Unis on peut se poser des questions .

CULTURE LITTERAIRE

Je vous ai parlé de la transcription de la langue malgache avec des caractères latins, ce fut une réussite dans le domaine de la littérature religieuse, mais également dans le domaine de la littérature profane.

De ce côté on doit aborder les proverbes et les Hain-teny.

OHABOLANA

Derrière ce mot se cache en fait, je schématise bien sûr :

-le proverbe d’inspiration populaire, il éclaire la vie pratique : jamba am-potitry ny jiro, maizina anilan’ny mazava (aveugle tout près de la chandelle, il est dans les ténèbres à coté de la lumière), il s’agit d’une personne qui refuse de voir la réalité

-la sentence un genre qui fait réfléchir (pas de reproche à Dieu, pas de blâme au Créateur les fautes et les erreurs appartiennent aux hommes

-la maxime qui s’adresse aux hommes de goût et d’esprit «mieritreta tsara, fa raha lava ny tanety misy fisainana » (réfléchissez bien car si la colline est longue, les idées peuvent faire leur chemin). On attribue cette maxime à Hagamainty un des conseillers du roi Andrianampoinimerina ;

On a recensé entre 6.000 et 10.000 ohabolana. Cela vous donne une idée de leur poids dans la culture malgache

HAIN-TENY

Nous allons maintenant passer aux hain-teny. Comment le traduire : paroles enflammées ? de même qu’on parle de hain-trano, une maison qui brûle, ou hain-tanety, la colline qui brûle ; ou paroles savantes mahay teny ? En fait ce sont des paroles qui s’enchaînent d’une manière inhabituelle, qui les rend difficiles d’accès d’ailleurs, comme en poésie. C’est pour cela que, quoiqu’on dise, ce ne sont pas des paroles mais des vers. Jean Paulhan a même parlé de « poésie obscure ».

Souvent les premiers vers des hain-teny veulent dire quelque chose, alors que les derniers nous semblent incompréhensibles ; en fait les premiers servent d’appâts, car seuls les derniers sont dignes d’être écoutés. On ne procède pas autrement dans les kabary, que les esprits cartésiens reprochent tant aux Malgaches. Les Mpikabary d’ailleurs ne se gênent pas pour incorporer des hain-teny dans leurs discours :


Comme quoi sont les blâmes ?

Comme les vents

J’ai entendu leur nom, mais je ne vois pas leur figure

Mais comme quoi sont les blâmes ?

Ils ne s’entassent pas comme les nuages

Ils ne sont pas couchés comme les terres

Ils ne sont pas l’homme qui passe, pour leur dire «entrez dans la maison »

Ils ne sont pas l’homme qui rend visite pour leur dire « revenez »

Ils ne sont pas l’homme assis pour leur dire « laissez-moi passer »

Mais comme la route glissante :

Celui-là tombe qui n’est pas sur ses gardes.

Pierre au bord de la route :

Ne la voyant pas, on s’y heurte.

Abîme profond

Qui donne le vertige à celui qui regarde

Et tue celui qui tombe.

Que ces blâmes soient chassés !


En fait aucune image évoquée par les hain-teny ne peut être obscure pour un Malgache qui l’associe à son décor familier, à sa connaissance de la vie, pour définir :

l’Amour

Oignon aux racines bleues

Canne à sucre aux feuilles bleues

Même l’ombre de son lamba sent bon

Et bien plus que le lamba qu’elle porte.


l’Harmonie de deux êtres :

Je suis le riz, vous êtes l’eau

Dans les champs, ils ne se quittent pas

Dans le village , ils restent ensemble,

Chaque fois qu’ils se rencontrent

C’est entre eux un amour nouveau

la Séparation , et l’oubli :

Dis aux nuages d’attendre

Le vent diminue .

Dis au lac de s’assoupir

Les oiseaux n’y viendront pas dormir.

Il est mauvais d’oublier tout d’un coup

Il est bon d’oublier peu à peu.

Les joutes oratoires sont également une activité littéraire que la France a connu à l’époque des troubadours du Moyen Age.


LE FRANÇAIS A MADAGASCAR HIER ET AUJOURD’HUI

Ce long préambule était nécessaire pour suivre l’évolution de la place que le français a occupée et occupe à Madagascar.

Au début du 19 ème siècle les Malgaches bien imprégnés de leur culture n’avaient pas peur de se frotter aux autres cultures (anglaise puis française) pour enrichir la leur.

A partir du 20 ème siècle, avec la colonisation ils ont accepté l’introduction de la langue française comme langue officielle. Dans beaucoup de famille on montrait avec fierté les enfants qui ont appris cette langue. Evidemment les parents n’éprouvaient aucune inquiétude puisque leurs enfants apprenaient le malgache à l’église, et en particulier au catéchisme. Bien plus, beaucoup Malgaches auraient aimé accéder au statut de citoyens français. Il y avait en effet une différence entre les citoyens de statut civil de droit français, et ceux de statut civil de droit malgache.(voir le code des 305 articles). Beaucoup d’écrivains malgaches, surtout les poètes, s’exprimaient en français. Il faut dire qu’avant 1940 toute publication ou article écrit en malgache étaient soumis à une censure préalable.

Avec l’indépendance le malgache fut promis au rang de langue officielle au même titre que le français.

Quand on érigea en monument la notion de «culture révolutionnaire» prônée par l’ancien président Ratsiraka, le français est descendu de son piédestal. Et avec la politique dite de « malgachisation », qui en découlait, le français régressa, mais en même temps les jeunes malgaches de l’époque connurent difficultés à maîtriser le malgache. Cette hostilité contre la langue française s’est atténuée depuis. D’ailleurs le français est considéré comme langue de travail.

Il faudrait sans doute, qu’en plus de l’enseignement des deux langues, les systèmes scolaires « officiels » et privés s’investissent plus dans la mise au point des manuels d’histoire, et de géographie.

Les jeunes s’imprègneront des autres aspects de la culture malgache, au sein de leur famille, des églises, et des associations. Ces dernières doivent d’ailleurs encouragées par les pouvoirs publics.

Ceci-dit je pense que Madagascar fera toujours partie de la « francophonie ». Il faudrait néanmoins que les pays membres, et en particulier la France, fournissent encore plus d’effort pour que, compréhension et solidarité, soient les mots d’ordre dans leur démarche.